Tout au long de l’année 2026, mon activité principale a consisté à travailler sur un projet en Suisse intitulé « Explore 3D », ce qui m’a permis de découvrir et de m’impliquer dans le domaine de la numérisation 3D appliquée aux sciences humaines, ainsi qu’aux GLAM (galeries, bibliothèques, archives, musées) et au patrimoine culturel.
- Numérisation 3D – Sciences humaines, GLAM et patrimoine culturel
- Explore 3D
- CIPA Arménie
- Certificat LSBA – Modélisation 3D pour le patrimoine culturel
Numérisation 3D – Sciences humaines, GLAM et patrimoine culturel
Au cours des deux dernières décennies, le domaine de la numérisation 3D a pris une importance croissante et s’est révélé de plus en plus dynamique pour les sciences humaines, le secteur GLAM (galeries, bibliothèques, archives, musées) et le patrimoine culturel. Il constitue désormais une ressource majeure pour la conservation, la recherche, l’éducation et la sensibilisation du public. Pour ne citer qu’un exemple marquant, le projet Collart-Palmyre – dirigé par Patrick Michel à l’Université de Lausanne – a utilisé des archives photographiques (provenant de l’archéologue suisse Paul Collart) pour reconstruire numériquement le temple de Baalshamîn, détruit par Daech (l’État islamique) en 2015 lors de la prise et de l’occupation de Palmyre. Ce cas met en évidence non seulement la pertinence scientifique, mais aussi culturelle et sociale de la numérisation 3D, tant pour la communauté internationale que pour les populations locales (ici, les Syriens).
La numérisation 3D s’appuie sur des signaux photographiques (lumière ambiante/appareil photo), laser (source lumineuse contrôlée) ou à rayons X pour capturer les données nécessaires à la reproduction numérique de l’objet, du bâtiment ou du site. Le traitement, le rendu et la publication/visualisation s’effectuent ensuite à l’aide de logiciels spécialisés ou de plateformes/applications. Au cours des dernières décennies, les technologies de numérisation 3D ont donc connu un développement rapide grâce aux progrès réalisés dans les domaines de l’imagerie numérique, des capteurs, de l’informatique et, plus récemment, de l’apprentissage automatique.
La recherche et la documentation du patrimoine culturel à l’aide de la 3D revêtent une importance croissante face aux guerres, au changement climatique, aux catastrophes environnementales ou aux accidents, qui menacent son existence même.
Explore 3D
Cette année, j’ai eu l’occasion de me familiariser avec ce domaine et d’y apporter ma contribution dans le cadre de mon travail au sein d’Explore 3D, un projet national financé par swissuniversities et mené conjointement par l’Université de Lausanne, l’Université de Genève, l’EPFL, l’ETHZ et DaSCH. L’objectif du projet était de faire progresser la gestion des données selon les principes FAIR et les pratiques ORD pour les données 3D dans le domaine des sciences humaines en Suisse. Cela a notamment consisté à élaborer des lignes directrices, à tester une plateforme de partage 3D basée sur SketchNote 3D et à établir un réseau de professionnels de la 3D au sein des universités suisses.
Mon rôle consistait à élaborer un guide des meilleures pratiques destiné aux chercheurs souhaitant recourir à la numérisation et à la modélisation 3D dans le cadre de leurs travaux. Pour ce faire, j’ai mené des entretiens avec des professionnels de la 3D, notamment des archéologues et des historiens à Lausanne et à Genève, et j’ai collaboré avec Christian Felsner, qui travaillait à la bibliothèque de l’ETHZ. Son expertise portait principalement sur les aspects techniques et pratiques de la numérisation 3D, tandis que ma contribution portait surtout sur les principes FAIR, la documentation et la gestion des données.
Ensemble, nous avons élaboré un cadre général d’évaluation et de planification qui aide les chercheurs à prendre en compte les éléments à considérer et les décisions à prendre lors du lancement d’un projet de numérisation 3D. Nous avons également présenté les différentes technologies et les logiciels disponibles, ainsi que les limites et les défis propres à chaque approche. Un cas d’utilisation complet illustre par ailleurs le déroulement concret du processus, du début à la fin. En septembre, Christian a présenté nos travaux lors de la conférence FAIR 3D Heritage à Mayence (Allemagne).
CIPA Armenia
Du 19 au 25 juin, j’ai participé à l’université d’été 2026 du CIPA intitulée « Documentation, suivi et enregistrement multibande du patrimoine culturel », qui s’est tenue à Byurakan, en Arménie. Elle était organisée par CIPA Heritage Documentation en collaboration avec l’ICOMOS Arménie.
CIPA Heritage Documentation est une ONG membre de l’ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites), qui « s’efforce de transférer les technologies issues des sciences de la mesure et de la visualisation vers les disciplines liées à l’enregistrement, à la conservation et à la documentation du patrimoine culturel ».
La première journée a été consacrée à une série de cours théoriques sur la photogrammétrie, la géodésie, le balayage laser et la photographie multibande. Nous avons ensuite passé une journée entière à l’église Saint-Hovannes (datant du Xe siècle) à collecter des données et à observer comment se déroule la documentation d’un site ou d’un monument historique réel. Les deux jours suivants ont été consacrés au traitement des données, principalement à l’aide des logiciels Agisoft Metashape (photogrammétrie) et Cloud Compare (données de balayage laser). Nous avons dû travailler en groupes et, à la fin, chaque groupe a fait une présentation expliquant l’ensemble du processus et les enseignements que nous en avons tirés.

Mon groupe s’est concentré sur la façade ouest ; vous trouverez ci-dessous les modèles 3D que nous avons réalisés pendant l’université d’été, à l’aide de la photogrammétrie et de données laser.




Cette expérience m’a permis de mieux appréhender le déroulement des opérations, les concepts et les défis liés à la numérisation 3D, en particulier pour les monuments et les bâtiments, alors qu’avec Explore 3D et Christian Felsner (qui travaillait alors à la bibliothèque de l’EZH), je m’étais surtout familiarisé avec la photogrammétrie appliquée à des objets (de plus petite taille). Cela m’a également permis de passer d’une compréhension théorique à une expérience plus concrète et pratique, ce qui était essentiel !
Certificat LSBA – Modélisation 3D pour le patrimoine culturel
Enfin, à l’automne, j’ai obtenu le certificat professionnel en modélisation 3D pour le patrimoine culturel délivré par la London School of Business and Administration. Cela m’a permis d’approfondir et de consolider mes connaissances en matière de numérisation et de modélisation 3D.
Je me réjouis à l’idée de m’investir dans ce domaine à l’avenir.